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La Côte d'Ivoire comme un portable « chinetock » à 2 puces

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 Anciennement havre de paix, la Côte d’Ivoire traverse depuis le coup d’Etat de 99-en passant par les événements de 2002 à 2004-jusqu’à la présidentielle, de 2010, la plus grave crise de son histoire. Aujourd’hui, le pays ressemble à un téléphone portable chinois communément appelé « chnietock » à Abidjan avec ses 2 puces et ses 2 cartes mémoires. Oui, depuis quelques jours après la présidentielle, le pays vit une sorte de bicéphalisme sans précédent.

D’un côté, Alassane Ouattara, proclamé président de la République de Côte d’Ivoire avec 54,10% contre 45,9% pour Laurent Gbagbo. Il est soutenu par la communauté internationale. Et ce, sur la base de résultats provisoires donnés hors délais par Youssouf Bakayoko, président de la Commission électorale indépendante (CEI).
De l’autre côté, le président sortant Laurent Gbagbo, proclamé lui aussi président de la République par la cours constitutionnelle avec 51, 45%, contre 48,55% pour Alassane Ouattara, après invalidation par celle-ci des résultats donnés par la CEI. Ce qui manifestement n’est pas du goût de Choi, représentant du SG de l’ONU qui a validé les résultats provisoires de la CEI au détriment des définitifs annoncés par le conseil constitutionnel.

Coup de théâtre. La Côte d’Ivoire à l’image du téléphone portable chinetock se retrouve avec 2 présidents proclamés. C’est la course contre la montre pour se maintenir à tous les prix au pouvoir. Dans la foulée, Alassane Ouattara reconduit le Premier ministre de Gbagbo -et chef des rebelles, Guillaume Soro qui forme à l’Hôtel du Golf-presqu’immédiatement, son gouvernement avec moins de 20 membres.
Laurent Gbagbo sans se faire prier nommé au poste de premier ministre, le président de l’Université de Cocody, le Pr Aké N’Gbo qui lui aussi, quelques jours plus tard forme son gouvernement d’une trentaine de membres. Laurent Gbagbo et son équipe occupent la Présidence de la république, la primature et tous les édifices gouvernementaux.

Toujours à l’image du chinetock qui a 2 puces de réseaux téléphoniques différents et 2 cartes mémoires, la Côte d’Ivoire a désormais 2 Présidents de la république, 2 premiers ministres et 2 gouvernements. C’est « pitian » !

Le pays est à présent le pôle d’attraction du monde entier. Les déclarations de soutien et de condamnation fusent de partout. Du plus petit individu au plus grand, du plus pauvre au plus riche, du plus misérable au plus illustre. De la nation la plus faible à la nation la plus puissante. Tout le monde donne son opinion sur cette affaire qui défraie la chronique mondiale.

La communauté internationale dit reconnaître Ouattara comme président de la Côte d’Ivoire au détriment de Laurent Gbagbo qui du reste est prié de rendre le tablier. Ce dernier lui aussi ne veut se laisser faire puisqu’investi par la cours constitutionnelle. Il revendique le soutien du peuple de Côte d’Ivoire.

Le pays est sur petit vélo comme on le dit communément à Abidjan pour dire que chaque jour qui passe la situation devient intenable pour le peuple qui jusque là est ignoré par les différents protagonistes. Couvre-feu, flambée des prix des denrées de premières nécessités, situation de vie difficile, hantise, angoisse de reprise des affrontements comme en 2002, guerre civile et peut-être, privation de la célébration des fêtes de Noël et du nouvel an. Voilà désormais à quoi rime désormais la vie des ivoiriens. Pour la plupart, il est mieux de rester terrés chez soi que d’aller au travail. On ne sait pas à quel moment tout peut basculer. Ainsi donc pour 2 individus le pays tourne en ce moment au ralenti. Et la communauté internationale, au lieu de régler la crise par un déluge de dialogue, continue et contribue à envenimer la situation.
Pauvre Côte d’Ivoire !!!

Roger Kassé